Voyager dans la moindre des fleurs.

J’ai en tête le début d’un poëme de Guillevic ( qui lit encore Guillevic?) .

Quand on nous dit

La vie augmente, ce n’est pas

Que le corps des femmes

Devient plus vaste, que les arbres

Se sont mis à monter

Par dessus les nuages

Que l’on peut voyager

Dans la moindre des fleurs

Que les amants

peuvent des jours antiers rester à s’épouser

Mais c’est tout simplemnt

Qu’il devient difficile

De vivre simplement.

En ces temps d’achats ( et parfois de revente immédiate, s’y j’ai bien suivi) frénétiques, de tables abondamment garnies, il serait précieux  que les arbres se mettent à monter au dessus des nuages.

Souhaitons nous, pour l’année à venir de pouvoir voyager dans la moindre des fleurs.

Et c’est ainsi que nous serons plus riches.

Ce qu’il faut éviter…

Bonjour Martine…et les autres !

Martine,fidèle parmi les fidèles, et ils sont si peu nombreux qu’ils se comptent sur les doigts d’une seule main, lance de nouveau un appel. On a forte envie d’y répondre!

Voilà quelques années déjà qu’on a ouvert ce petit carnet. Sous la pression des émotions et parce qu’on pensait, à tort je crois, qu’écrire allait en diminuer l’intensité et permettre de mieux les maîtriser. On a changé, un peu, pas beaucoup. On voit bien l’espèce d’impudeur qu’il y avait à ouvrir son petit carnet à tous. On n’est pas très fier de ce qu’on a été et de ce qu’on a écrit parfois. D’autant moins fier que cela n’a pas aidé à vivre.

Il aurait fallu trouver une autre voie. Mais on a trouvé en chemin quelques amis , Martine, De Gouberville et d’autres et dans le fond, cela vaut bien un peu de rougeur au front.

On voudrait un autre ton pour un nouvel épisode, un autre tome du petit carnet. On a beaucoup lu mais on sait qu’il n’est pas souhaitable d’ouvrir un blog “littéraire”. On a un peu réfléchit à l’actualité mais on sait que la commenter, sans être sûr de l’originalité de ses commentaires, ne présente qu’un intérêt mineur.On se dit que trop de gens écrivent sur trop de sujets, des kilomètres de mots, à en perdre son chemin.

Pourtant, et pour le plaisir de retrouver Martine et De Gouberville, et quelques autres aussi ( des petits  nouveaux) on pourrait faire un effort, reprendre le chemin du clavier.

On va y réfléchir. Sous vos encouragements…

Restent les oeufs en chocolat!

Quand on n’est pas un spécialiste de l’internet, il arrive parfois que l’on fait des manipulations hasardeuses.Ainsi de deux réponses que j’avais faites en écho au joli commentaire précédent et qui ont disparu! Dommage car ne faisant pas de brouillons, il m’est difficile de retrouver les mots et les phrases dont j’étais pourtant satisfait ( c’est beaucoup dire car dans la réalité je ne le suis jamais ou presque jamais).

Bref, il s’agissait de Pâques et de résurrection. Je me voyais, incrédule comme je suis, guetter les cloches dans l’attente de bonnes nouvelles. Sans y croire trop toutefois. Il me faudrait être bien naïf  pour ne perdre de vue l’état présent des choses. Si l’esprit se croit vif encore, le corps est vieillissant et , quelles que soient les illusions dont je voudrais bien être la victime, ça se ressent chaque jour ou presque.  Ainsi, il se peut qu’ Annette puisse penser, sans trop  de risques d’être déçue, à des jeudis plus clairs que les jeudis noirs qu’elle évoque. Pour ma part j’écarte de telles pensées. Ce qui a été ne peut plus être et de déception en déception, l’âge aidant, l’horizon s’obscurcit et surtout se rapproche.

Restent les oeufs en chocolat comme lot de consolation !

Jeudi soir…

Mon Dieu ! Qu’est ce que je suis paresseux ! Et pourtant, il y en aurait a dire !

Tricoter, détricoter…

La vie à l’envers

J’emprunte cette expression à une des nouvelles lectrices de ce petit carnet ( je n’imaginais pas qu’il puisse encore s’en présenter tellement  j’ai été absent, inconstant et au bout du compte peu aimable ces derniers temps).

Sa simplicité me plaît.

Elle me fait penser à l’effet  provoqué par une attraction foraine. Une sorte de cylindre pivotant et se retournant dans lequel on se retrouve collé à la paroi et ,par intermittence, la tête en bas. On en ressort avec le coeur au bord des lèvres, ayant perdu ou presque tout sens de l’équilibre.

Mais, si l’on parle de “vie à l’envers”, c’est sans doute par opposition à “vie à l’endroit”. Et qu’est ce donc qu’une “vie à l’endroit” ? Une vie où rien ne vous empêche d’aimer et de travailler ? Une vie où le corps ne se défausse pas ?  Une vie simple ?  Une vie qui ressemble à celle des autres ? Une vie “normale” ?

Quand on est là, pantelant, remué de façon permanente ou presque, sinon agité, on devine bien que “ça ne colle pas”. On a beau faire le malin et se dire qu’après tout, toutes ces blessures vous distinguent du reste de la masse, au fond de soi, on aimerait être en paix.

Et la vie à l’envers ne génère pas, dans la désespérance qu’elle provoque, “les chants les plus beaux”. Je  crois assez peu à la souffrance psychique source de création. La main reste en suspension quand l’esprit est engourdi par le mal être.

A moins qu’il ne faille sérier entre les différents types de souffrance. On peut se méprendre dans ce domaine. Mais pour un Antonin Artaud, combien de pauvres gens que toute énergie, sans même parler d’énergie créatrive, a désertés?

Allez,vous conviendrez que j’ai fait moi-même un effort ce matin. Pourvu que ça dure !

Et c’est ainsi que nous continuons, cahin caha, notre chemin.

PS – j’aimerais vous parler, une fois prochaine, de ce que m’inspire une certaine actualité.  Celle qui n’est pas faite pour apaiser notre rapport, déjà délicat, au monde dans lequel on se trouve plongé.

Dans les roues dentelées de la vie

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De l’art du petit déjeuner.

Une petite vignette comme on dit pour commencer la journée sous le double signe de la nostalgie et de la détente.

Quoi de plus délicieux que le moment du petit déjeuner s’il n’est pas sacrifié ?  Au point qu’il vaut mieux se lever un peu  tôt afin de ne pas avaler, sans même y faire très attention, café et tartines au motif de risquer d’être en retard. En haut de la liste de mes plaisirs favoris, le petit déjeuner coloré et plantureux des hôtels, même modestes. Ambiance feutrée des petits matins, journaux aussi frais que les croissants, tout est réuni pour faire d’une petite demie heure de la journée débutante, une parenthèse enchantée.

L’odeur du café frais et de la baguette croustillante n’a pas son égale pour ravir l’odorat et exciter les papilles.

Il n’est pas surprenant qu’on puisse faire de ce court instant, volé à l’atmosphère productiviste de l’époque, une sorte d’hommage à la volupté. Pourvu qu’on sache prendre en compte le besoin d’esthétisme qu’il requière. Un petit déjeuner réussi de s’accommode pas de la première tasse qui tombe sous la main, pas davantage d’un plateau quelconque au teint cireux. Sans aller jusqu’au napperon de circonstance, tel que la vignette que je vous propose ce matin le donne à voir, un beau plateau sobre et coloré, une jolie tasse et quelques accessoires choisis contribuent beaucoup au succès de l’opération.

Je vous le dis, préservons collectivement le droit à des petits déjeuners réussis. Il en va de notre liberté et de notre santé.

C’est Noël

Chez beaucoup d’entre vous, le pied du sapin est probablement dissimulé par les paquets cadeaux. Chez beaucoup d’entre vous, la dinde ou le chapon rôtit doucement dans le four. La famille est réunie. Je ne vous souhaite pas un Noël à la Depleschin quand les contes virent aux comptes et à l’issue duquel les fissures, longuement et maladroitement rebouchées au fil des ans, béent de nouveau.

D’où cette étrange fascination ( attraction / répulsion ) que suscite la date fatidique du 25 décembre  et l’excitation très palpable qui l’annonce. On veut être dans le coup.  A vrai dire, on s’en passerait bien mais s’en passer provoque un malaise épais, génère la sensation de n’être pas comme les autres, sans doute un peu anormal, en tous cas en manque de réussite.

Les familles sont rassemblées et la fête est de rigueur. Chacun sait que la famille ça va , ça vient et ça se désagrège souvent plus vite qu’on ne l’avait jamais imaginé. La famille ça fait mal parfois et il n’est pas nécessaire d’avoir vu Family Life de Ken Loach pour se douter que ça peut même rendre fou.

Si tout le monde n’a pas la chance d’être orphelin ( Poil de carotte de Jules Renard), tout le monde ou presque a eu la malchance de vivre des Noëls meurtrissants pendant lesquels la belle vie apparente des uns révélait insolemment les galères évidentes des autres. Fils ou fille préférée, cadeaux qui en disent long ou qui ne disent rien, absences remarquées… c’est Noël.

Allez, les fruits de mer m’attendent.

Bon Noël et sans rancune.