
J’emprunte cette expression à une des nouvelles lectrices de ce petit carnet ( je n’imaginais pas qu’il puisse encore s’en présenter tellement j’ai été absent, inconstant et au bout du compte peu aimable ces derniers temps).
Sa simplicité me plaît.
Elle me fait penser à l’effet provoqué par une attraction foraine. Une sorte de cylindre pivotant et se retournant dans lequel on se retrouve collé à la paroi et ,par intermittence, la tête en bas. On en ressort avec le coeur au bord des lèvres, ayant perdu ou presque tout sens de l’équilibre.
Mais, si l’on parle de “vie à l’envers”, c’est sans doute par opposition à “vie à l’endroit”. Et qu’est ce donc qu’une “vie à l’endroit” ? Une vie où rien ne vous empêche d’aimer et de travailler ? Une vie où le corps ne se défausse pas ? Une vie simple ? Une vie qui ressemble à celle des autres ? Une vie “normale” ?
Quand on est là, pantelant, remué de façon permanente ou presque, sinon agité, on devine bien que “ça ne colle pas”. On a beau faire le malin et se dire qu’après tout, toutes ces blessures vous distinguent du reste de la masse, au fond de soi, on aimerait être en paix.
Et la vie à l’envers ne génère pas, dans la désespérance qu’elle provoque, “les chants les plus beaux”. Je crois assez peu à la souffrance psychique source de création. La main reste en suspension quand l’esprit est engourdi par le mal être.
A moins qu’il ne faille sérier entre les différents types de souffrance. On peut se méprendre dans ce domaine. Mais pour un Antonin Artaud, combien de pauvres gens que toute énergie, sans même parler d’énergie créatrive, a désertés?
Allez,vous conviendrez que j’ai fait moi-même un effort ce matin. Pourvu que ça dure !
Et c’est ainsi que nous continuons, cahin caha, notre chemin.
PS – j’aimerais vous parler, une fois prochaine, de ce que m’inspire une certaine actualité. Celle qui n’est pas faite pour apaiser notre rapport, déjà délicat, au monde dans lequel on se trouve plongé.